Les fondations

Le Protestantisme s’est préoccupé, dès après l’occupation de 1907, des Protestants établis au Maroc. En Mai 1908, des pasteurs français sont venus comme Aumôniers Militaires, pour jeter les bases de ce qui est devenu ensuite l’Eglise Réformée Evangélique Française. Pendant plus de 10 ans, les français se réunissaient dans l’Eglise Anglicane. Le premier Temple a été construit à Casablanca en 1919. À partir de cette époque, l’organisation de l’Eglise du Maroc s’est poursuivie par la création d’annexes des deux principales paroisses Casablanca et Fès.

Dans un deuxième temps, ces paroisses allaient devenir autonomes et permettre une organisation nationale. Ces communautés étaient celles de Rabat, El Jadida, Marrakech, Safi, Kénitra, Tanger, Meknès , Oujda, Agadir.

Un regard vers le sud

Dès 1890 un culte protestant fut créé à Marrakech, mais en anglais. La Southern Morocco Mission de Glasgow avait formé une petite communauté en médina autour d’un dispensaire de soins médicaux pour les marocains, notamment pour les mères marocaines qui accouchaient, et pour les enfants à vacciner ou à soigner; le dispensaire était situé Derb Toubib. (c’est de l’activité médicale gratuite de ces écossais qu’est venu le nom du derb).  Le vice-consul anglais Alan Lennox et sa famille qui habitaient Dar Tounsi faisaient partie de cette première communauté protestante.

Dans sa brochure de juin 1913 exposant les services mis en place à Marrakech et donnant le plan de la ville, les services du général Brûlard indiquaient qu’un pasteur protestant était à Marrakech. En fait ce n’était pas exact à 100%. Il y avait un pasteur qui venait occasionnellement de Mogador: le pasteur Zerbib mais il était âgé et est mort en 1920; il n’est pas venu souvent. Il y eut aussi le pasteur Jalabert, il avait accepté les fonctions d’aumônier militaire et visitait régulièrement les régiments de la Légion étrangère cantonnés dans plusieurs villes du Maroc; un régiment Étranger d’Infanterie avait sa garnison à Kasbah-Tadla jusqu’en juillet 1917, ensuite au camp du Guéliz à Marrakech, mais l’aumônier Jalabert était souvent aussi à Fez où il y avait d’autres légionnaires.

Puis vers 1922 le pasteur Serfass est nommé aumônier militaire à Casablanca, et dessert  plusieurs villes de garnison et occasionnellement Marrakech. Il vient un jour ou deux tous les deux mois, invité notamment par le Chef de région le Général Chopin de La Bruyère qui est aussi protestant. D’autres comme les familles Bruniquel, Beerli et Paul Chavanne, de même le Dr Gilloin forment la petite communauté protestante de langue française.

Un deuxième aumônier militaire est nommé sur Fez et Meknès vers 1930, il s’agit du pasteur Jules Roche, ce qui permet au pasteur Serfass d’avoir plus de temps pour Casablanca et Marrakech. Puis au pasteur Serfass succède à Casablanca le pasteur Théo Calas.

Certains vieux marrakchis se souviennent de l’aumônier Jules Roche qui après Fez a été muté à Marrakech en 1938, comme aumônier de la division de Marrakech (qui comprenait aussi Agadir, Ouarzazate, Safi, Essaouira où il se déplaçait occasionnellement).  Il avait à sa  disposition une maison marocaine vers l’entrée du Mellah et y organisait les cultes protestants où venaient tant les civils installés à Marrakech que  les militaires de passage. Son adresse de l’époque était 4 rue Bab-Ghemat.

À Marrakech, en 1943 un grand terrain est choisi pour faire construire un temple dans le quartier de l’Hivernage. Mais avant de construire un vrai temple, il est décidé d’édifier des salles de jeunesse au fond du terrain. Ces salles devaient pouvoir servir dans l’immédiat de lieu de culte provisoire. Mais dix ans plus tard le provisoire devenait définitif.

En janvier 1947 arrive le pasteur Jean de Mondenard, qui pour venir à Marrakech accepte de devenir aumônier militaire. Il partage son temps avec Agadir, Safi, Essaouira, Louis-Gentil, Ouarzazate tout en résidant à Marrakech. La communauté protestante s’était agrandie vers 1945-1947.

Les cultes ont lieu au temple de l’Hivernage et les groupes d’enfants et d’ados s’y rassemblent. En 1952, les protestants de Marrakech souhaitent avoir un pasteur civil qui disposerait pour Marrakech de plus de temps qu’un aumônier militaire et cherchent à construire un presbytère. C’est à cette époque que les protestants reçurent  en leg une belle villa située avenue Barthou au Guéliz.

En 1953, les protestants de Marrakech demandent au pasteur Jean de Mondenard de devenir leur pasteur civil. Il accepte et pour celà démissionne de l’armée. La villa est agrandie et de vastes locaux pour la jeunesse, dont une modeste salle de spectacle, sont construits sur le même terrain. En 1954 il est décidé d’agrandir et de rénover le temple de l’Hivernage. Raymond Duru, architecte  et responsable de l’urbanisme sur la Région réalisera les plans et surveillera la réalisation.

En juin 1958 arrive le pasteur Daniel Lestringant et sa famille, il restera plusieurs années.

Dès 1969 un scoutisme unifié rassemblant les Scouts de France, Éclaireurs unionistes, Guides de France et Éclaireuses unionistes est lancé au Maroc dans une perspective oecuménique. Un rassemblement des unités du Maroc eut lieu pendant les vacances de Pâques 1989 aux Ouled Taleb près de Ben Slimane

Le pasteur Schmidt desservira la paroisse de Marakech depuis Casa durant les années 1970 et début 80. En 1986, le pasteur Hans Reitzel lui succèdera.

Les sources – à qui nous disons grand merci !:

L’origine de ces informations sont essentiellement les blogs de fils et petits-fils des anciens de l’EEAM; vous pouvez y trouvez plus de photos et d’informations. Voici les différents liens : http://mangin2marrakech.canalblog.com/archives/2017/08/10/35565902.htmlhttp://jeandemondenard.canalblog.com/archives/2011/03/18/22168843.html –  mfd.agadir.free.fr › vilnouv › londres › temple

Une Église des témoins

Ensuite est venue l’indépendance du Maroc, le départ de la plupart des Français, la constitution d’une Église indépendante, la fermeture de certains temples. ‘Eglise a cependant continué à vivre grâce à la présence de beaucoup de Suisses, d’Allemands… Puis, dans les années 1980, l’arrivée des étudiants Africains apportant avec eux la chance d’une nouvelle diversité pour cette Église toujours à la croisée des chemins, toujours fragile, toujours dépendante de Dieu seul. Récemment plusieurs Églises fermées depuis des décennies ont été réouvertes grâce à la venue de ces étudiants.

Une brochure conçue à l'occasion des 100ans de l'EEAM

Vous pouvez télécharger le brochure en cliquant ici; le document est en pdf, veuillez vous rassurer de posséder un lecteur pdf.